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Hiver 2026

Nos membres sont en première ligne pour contrer les déserts alimentaires au Québec. Selon Données Québec, 420  000 Québécois vivent dans un désert alimentaire. Les commerces de proximité situés en région sont les seuls à fournir un service alimentaire de base dans ces zones. Il s’agit non seulement d’un enjeu économique, de santé publique, mais aussi d’équité territoriale.

En 2025, les consommateurs québécois sont revenus graduellement vers un climat de confiance envers les aliments, après plusieurs années marquées par l’inflation, les tensions commerciales et les bouleversements économiques. La récente étude du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) révèle que 62 % des Québécois détiennent une confiance élevée envers les aliments en 2025. Dans sa quatrième édition du Baromètre de la confiance des consommateurs québécois à l’égard des aliments, cette hausse de trois points de pourcentage depuis 2023 est expliquée par une forte confiance dans les aliments produits au Québec grâce aux normes et politiques provinciales. Le local est donc le levier le plus puissant pour gagner la confiance des consommateurs. De ce fait, bien afficher l’origine et mettre en avant les labels comme les marques de certification d’Aliment du Québec permet de stabiliser la confiance des consommateurs dans les produits proposés.

Les habitudes de consommation, pour leur part, évoluent aussi. Les compétences alimentaires des Québécois demeurent stables, mais la compréhension des mentions plus complexes, comme les certifications, reste limitée. Moins d’un consommateur sur deux arrive à s’y retrouver clairement selon les données du CIRANO4. Les clients ne comprennent pas toujours correctement les labels ainsi que les mentions nutritionnelles. Une signalisation claire, une explication simple près de certains produits ou un affichage plus lisible font une réelle différence en rayon. Dans un marché où les consommateurs cherchent à faire des choix éclairés, la lisibilité et la transparence deviennent des atouts commerciaux.

Le MAPAQ ainsi que le CIRANO5 se sont aussi intéressés aux préoccupations principales des consommateurs. Le prix demeure au cœur des préoccupations. Avec 82 % des consommateurs qui se disent préoccupés par le coût des aliments. La situation économique, l’augmentation des frais d’exploitation et les incertitudes commerciales exercent une pression constante sur les budgets, tant pour les ménages que pour les détaillants avec des charges opérationnelles à la hausse. Les tensions
avec les États-Unis et les tarifs douaniers qui en résultent alimentent un sentiment d’inquiétude autour
du prix futur de certains produits importés. Dans ce contexte, la transparence devient stratégique.
Expliquer les choix de prix, mettre en avant les formats économiques, travailler les rabais ciblés :
il existe de multiples façons de demeurer compétitifs, transparents, mais aussi rassurants face à une
clientèle plus sensible que jamais aux variations de prix.

Cet environnement économique instable a aussi transformé les priorités sociales des consommateurs. Les enjeux environnementaux et éthiques, qui étaient à l’avant-plan en 2021, cèdent maintenant le pas à la volonté de consommer local, d’économiser et de disposer d’une alimentation accessible6. Les valeurs environnementales n’ont pas disparu, mais elles sont reléguées au second plan face à des préoccupations plus urgentes. Cela ne signifie pas d’abandonner nécessairement les efforts en matière de durabilité, mais plutôt de les aligner avec les attentes immédiates : démontrer que le local réduit le transport ou que certaines initiatives d’économie circulaire permettent aussi de maintenir les prix plus bas.

Acheter local : des intentions en forte hausse

Parallèlement, les intentions d’achat local sont en croissance. Plus de 57 % des consommateurs
affirment vouloir augmenter leur consommation de produits québécois, contre 35 % il y a deux ans.
Cette tendance renforce le rôle des détaillants dans la mise en valeur des produits québécois, que ce
soit par la présentation visuelle, les partenariats avec les producteurs ou la variation des assortiments
selon les saisons. L’achat local redevient une attente claire et une manière pour les consommateurs
de réconcilier confiance, sécurité et proximité.

Évolution des comportements d’achat

La pression sur le porte-monnaie influence également les comportements d’achat. Les enseignes
à prix réduit atteignent un niveau record de fréquentation, et les promotions deviennent un réflexe.
De nombreux ménages réduisent le nombre d’articles achetés, sélectionnent davantage les rabais
et modifient leurs préférences. Pourtant, l’intérêt pour les produits locaux continue de croître. Cette
combinaison entre une forte sensibilité au prix et le désir de proximité, montre que l’avenir du commerce alimentaire québécois passe par une capacité à associer ces deux éléments : proposer des produits d’ici, mais à des prix justes et compétitifs.

Les Québécois continuent néanmoins de faire confiance à leurs commerces alimentaires. Les grandes
enseignes demeurent en tête, mais la vente directe des producteurs regagne aussi du terrain, signe
que les consommateurs apprécient l’authenticité et la transparence lorsqu’elles sont bien présentées.

Les Québécois continuent néanmoins de faire confiance à leurs commerces alimentaires. Les grandes enseignes demeurent en tête, mais la vente directe des producteurs regagne aussi du terrain, signe que les consommateurs apprécient l’authenticité et la transparence lorsqu’elles sont bien présentées.