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Juin 2025

Derrière chaque marché bien enraciné dans sa communauté, il y a une histoire de passion, de transmission et de dévouement. Celle de Mario Lebrun incarne tout cela. Propriétaire du Marché Richelieu de Saint-Roch de-l’Achigan et du Marché Dessaulles à Saint-Hyacinthe, il est un homme de terrain, présent, proche de ses clients, fier de ses équipes et animé par un profond respect pour son métier et ses racines familiales.

Le Marché Lebrun existe depuis 1969, fondé à Saint-Esprit par Claude et Monique Lebrun. Mario, leur fils, grandit littéralement dans les allées de l’épicerie, exploitée sous la bannière Provibec, l’ancêtre de Provigo. Dès l’adolescence, alors qu’il fréquente l’école secondaire à Saint-Roch-de l’Achigan, une épicerie flambant neuve y ouvre ses portes sous la bannière Provigo. Ce sont les belles années de la chaîne, une véritable référence dans le monde de l’alimentation. Mario est fasciné. L’idée germe rapidement : un jour, cette épicerie sera la sienne. Pour lui, l’épicerie de quartier est un repère essentiel. En 2001, il rachète l’épicerie familiale à Saint-Esprit, puis revend ses parts en 2014 pour faire l’acquisition de celle de Saint-Roch-de-l’Achigan.

Le boucher derrière l’épicier

Mario a appris le métier de boucher selon la vieille méthode comme il mentionne. Dans l’épicerie familiale, un vieux boucher lui montre les bases. Puis il complète sa formation en suivant des cours au sein de la bannière Provigo. Il a toujours mis la main à la pâte, et encore aujourd’hui, il ne dit jamais non à un retour au comptoir. Ces dernières années, il constate avec enthousiasme un regain d’intérêt pour le département des viandes. Les clients cuisinent plus, redécouvrent les coupes moins connues, et ça lui parle.

Le Marché Richelieu de Saint-Roch propose tous les services : agence SAQ, livraison à domicile, une offre complète. Mais ce qui distingue le commerce, c’est l’ambiance. Celle d’un marché de village où tout le monde se connaît. Mario salue ses clients par leur prénom, prend le temps d’échanger. Il a grandi dans cette culture où l’épicerie est un lieu de proximité et d’écoute, et il continue de la faire vivre chaque jour.

Préserver l’essence, améliorer l’expérience

Quand il découvre le Marché Dessaulles à Saint-Hyacinthe en 2020, c’est le coup de foudre. Il y reconnaît les valeurs qui lui sont chères : fraîcheur, qualité, service humain. À ses yeux, ce commerce est le plus beau du Québec. Lorsqu’il en fait l’acquisition, il ne fait aucun changement. Tout est parfait! En juillet prochain, cela fera déjà cinq ans. À l’opposé, lorsqu’il rachète le commerce de Saint-Roch il y a environ 10 ans, tout est à refaire. Il entreprend une série de rénovations majeures pour remettre les lieux au goût du jour. Mais au-delà de l’esthétique, il repense les espaces pour ses employés : chambres froides efficaces, salle de pause confortable, postes de travail fonctionnels.

Résultat : un noyau d’équipe fidèle, avec des employés comptant 10, 15, voire 20 ans d’ancienneté. Même les étudiants de passage reviennent lui dire bonjour, signe de l’ambiance chaleureuse qu’il entretient. Il est ému lorsqu’on lui parle de ses équipes, qu’il considère avec grande reconnaissance. Il admet avoir été un peu moins présent au Marché Dessaulles cette dernière année, accaparé par les rénovations, mais il n’oublie pas de souligner la force de cette équipe.

Une relève bien préparée

La relève, elle aussi, est bien là. Ses filles, Béatrice et Marianne, veulent poursuivre l’aventure familiale. Béatrice s’est investie de façon remarquable durant les rénovations, gérant les ressources humaines et soutenant les opérations au quotidien. Leur engagement, nourri par les valeurs familiales et une discipline acquise dans le sport, remplit Mario de fierté. Il sait que l’avenir est entre bonnes mains.

Après les rénovations, Mario se donne un temps d’ajustement. Six mois pour stabiliser les ventes, revoir les opérations, affiner les détails. Mais déjà, une idée prend forme : développer la bannière Richelieu sous le nom de Marché Lebrun dans d’autres localités. Une croissance réfléchie, fidèle à ses principes.

Acheter local est au cœur de sa philosophie. Mais il le fait intelligemment. Travailler avec un ou
deux producteurs par type de produit permet de garder un bon roulement, éviter les pertes et réduire les inventaires dormants. Trop de variété nuit à la performance, alors il préfère miser sur la mise en valeur de produits sélectionnés.

Un épicier de tête et de cœur

Les tarifs douaniers et les réalités économiques ont leur effet, bien sûr. Les clients réagissent en adaptant leurs choix, en recherchant des alternatives. Mario suit ces tendances de près, ajuste son offre, toujours à l’écoute de ce qui se passe sur le plancher.

Et il n’oublie jamais de redonner. C’est ancré en lui depuis toujours. Ses parents étaient très impliqués dans la communauté, et il perpétue cette tradition. Il soutient les organismes locaux, particulièrement ceux qui aident les jeunes et les aînés. Pour lui, c’est une évidence. On reçoit de sa communauté, on lui rend.