30 juillet 2026

Le Comité sectoriel de main-d’œuvre du commerce de l’alimentation (CSMOCA) a publié son nouveau diagnostic sectoriel, réalisé auprès de 453 entreprises québécoises. Ce diagnostic succède à celui publié après l’enquête de 2019 (complété par un chapitre sur les impacts de la COVID-19 en 2021) et permet de mesurer l’évolution du secteur sur plusieurs années. Ce texte présente les constats les plus pertinents pour les détaillants, mis en perspective avec le diagnostic précédent.

Une industrie en croissance, mais fragmentée

Le nombre de détaillants en alimentation au Québec a progressé de 2,6 % par année entre 2021 et 2025, porté par les supermarchés et les détaillants spécialisés. Les dépanneurs, eux, continuent de reculer (-3,6 % par année), une tendance déjà observée dans le diagnostic précédent, où ils affichaient la plus forte perte d’établissements du secteur entre 2016 et 2019 (-353 commerces, -3,0 % par année). Le secteur demeure dominé par les petites entreprises : 60 % des établissements comptent moins de 10 employés, une proportion stable par rapport au diagnostic précédent (62 %).

Roulement de personnel : l’enjeu numéro un

Le taux de roulement annuel moyen atteint 26 % au Québec, contre 21 % pour le commerce de détail canadien. Les dépanneurs affichent le taux le plus élevé (34 %). Le changement de domaine, le retour aux études et les conditions de travail (salaires, horaires) dominent les motifs de départ. Le diagnostic précédent mesurait un taux moyen de 28 % pour l’ensemble du secteur, avec un sommet de 33 % chez les magasins d’alimentation. Le taux global semble donc s’être légèrement stabilisé, mais la comparaison reste imparfaite : le diagnostic 2026 isole les dépanneurs, alors que le précédent regroupait l’ensemble des magasins d’alimentation.

Recrutement : un défi structurel, pas seulement une pénurie

Environ 7 920 postes étaient vacants au Québec en début d’année 2026, un taux (3,4 %) supérieur à la moyenne provinciale. Les postes en vente et service à la clientèle, ainsi qu’en production alimentaire (bouchers, boulangers), sont les plus difficiles à combler. Le nombre de postes vacants a peu varié depuis le diagnostic précédent, qui en dénombrait environ 8 225 en février 2021, mais le taux de vacance a nettement diminué (il atteignait alors 5,3 % pour l’ensemble du secteur, 4,6 % chez les détaillants), un signe de retour à la normale du marché du travail post-pandémie.

Rémunération sous la moyenne

Les détaillants affichent des revenus d’emploi nettement inférieurs à la moyenne québécoise, à temps plein comme à temps partiel, dans un contexte où l’inflation alimentaire (+3,5 %) comprime déjà les marges [FLAG : vérifier pages 41-42 du rapport 2026]. Cet écart n’est pas nouveau : le diagnostic précédent chiffrait déjà le revenu d’emploi médian des épiceries à environ 16 600 $, contre plus de 34 000 $ pour l’ensemble des industries. Il s’agit d’un enjeu structurel que l’inflation récente aggrave plutôt qu’elle ne le crée.

Technologie : adoption prudente

Seuls 12 % des détaillants ont des caisses libre-service, une proportion concentrée chez les supermarchés (28 %), et peu prévoient en augmenter le nombre. Le diagnostic précédent notait déjà la présence croissante des caisses libre-service comme tendance émergente, sans la chiffrer. Le diagnostic 2026 offre donc un premier repère quantifié pour suivre l’adoption de cette technologie.

Ce diagnostic confirme que les enjeux de main-d’œuvre du secteur sont persistants plutôt que ponctuels : le roulement de personnel, les difficultés de recrutement et l’écart de rémunération étaient déjà documentés dans le diagnostic précédent et demeurent d’actualité en 2026. La croissance du nombre de détaillants et l’adoption progressive de nouvelles technologies montrent toutefois un secteur qui continue de s’adapter. L’ADA suit de près les travaux du CSMOCA et invite ses membres à consulter le rapport complet pour les données propres à leur sous-secteur.

Consultez le rapport ici