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Le Sénat français propose 24 recommandations par rapport aux marges des grands distributeurs aux échos québécois
1 juin 2026
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1 juin 2026
Ce 19 mai, la commission d’enquête sénatoriale française adoptait son rapport sur les marges dans la grande distribution. Sur 100 euros de valeur alimentaire créée, 8 reviennent à l’agriculteur, 14 à l’industriel et 40 sont captés par le distributeur. Le rapport demande une transparence sur les marges : publication d’indicateurs comparant l’évolution des prix de détail et des tarifs négociés avec les fournisseurs, affichage en magasin de la répartition de la valeur pour des produits clés. Les trois autres axes visent à renforcer le régulateur, protéger les plus petits fournisseurs et stabiliser un cadre légal trop changeant.
Ce déséquilibre n’est pas étranger au marché canadien. Le Bureau de la concurrence concluait en 2023 que la concentration s’était accentuée : cinq entreprises captent l’essentiel du marché tandis que 7 000 épiceries indépendantes manquent de volume pour rivaliser auprès des fournisseurs. C’est la réalité quotidienne des détaillants indépendants du Québec.
La transparence des marges va plus loin que ce que le Code canadien demande actuellement, qui ne régule ni les prix ni la répartition de la valeur. De même, la protection française des fournisseurs les plus dépendants avec des préavis proportionnés, des encadrements des pénalités, et des recours accélérés, résonne avec la vulnérabilité des indépendants canadiens.
Le rapport met en lumière une tension structurelle pour le secteur. Intermarché et Carrefour ont dénoncé lors de la publication du rapport le procès permanent fait à la grande distribution sur l’inflation alimentaire. Cette distorsion des perceptions n’épargne pas le marché québécois : les grandes chaînes y ont été convoquées à plusieurs reprises devant le Parlement depuis 2023 sur la question de l’abordabilité, alors même que les marges nettes du secteur demeurent modestes au regard d’autres industries. Pour les bannières, l’équation est devenue impossible : sans levier de négociation, elles ne peuvent contenir les hausses imposées par les fournisseurs; avec ce levier, elles sont accusées d’en abuser.